samedi 26 novembre 2016

Carré d'âme à Wuthering Heights ( épistémé )



      Dans sa surexcitation extrême, elle déchira l'oreiller entre ses dents et, se redressant, le visage brûlant, elle me demanda d'ouvrir la fenêtre. C'était en plein hiver ; un vent violent soufflait du nord-est, et je m'y opposai. Alors les expressions fugitives de son visage et ses changements rapides d'humeur commencèrent à m'inquiéter terriblement ; je me souvenais de sa première maladie et des recommandations du docteur de ne pas la contrarier. Et voilà que, s'appuyant sur un coude, elle parut prendre un plaisir puéril à arracher les plumes par la déchirure de l'oreiller, et à les ranger sur le drap, selon leurs espèces.
      
      _ Emily Brontë, Wuthering Heights, Éd. G.P. Paris, traduit par Geneviève Méker.




                  Plus de voile noueux sur les pulsations,
                  au réel, cri de brume, charnel et chancelant,
                  trame de la nature éprouvée dans la lande épaisse.


              
        

lundi 21 novembre 2016

J'ai manqué perdre ma distance ( les pérégrinations )



              Tu te risques aux murs enfoncés et aux lueurs fugitives,
              reviens à contresens à toi, comme ton corps en boule sur les eaux.
              Entrant sous le duvet de mon propre souffle, je t'ai vu rouler,
              surfilant l'image à mes yeux déteints,
              revenu de coeur, retourné sur mes joues.
              Dans les châles perpétuels, des oiseaux se cachent.
              Mon sang monte en ébullition quand tu contes le rythme.
              Premier matin volubile, un envol froid passe sur nous.
              Je dévale l'heureux après, ce jour est sans fin.


vendredi 18 novembre 2016

L'un et l'autre





                       Un parcours imparfait est une étoile dormeuse
                       à longue traîne impassible tournoyant sur son lit,
                       chose sans nom toute faite de reprises cinétiques,
                       d'épreuves sensibles et calées à la pluie de fer.
                       Des songes aigus, larme-lutte sur la carte.


vendredi 11 novembre 2016

Une chambre à soi de Virginia Woolf ( Les fibres naturelles et sauvages )




                                    Mon coeur est comme un oiseau qui chante,
                                    Et dont le nid est dans la jeune branche humide,
                                   Mon coeur est comme un pommier,
                                   Dont les branches ploient sous les fruits serrés.


Les mots de Christina Rossetti étaient peut-être partiellement responsables du délire d'imagination _ car il s'agissait bien entendu que d'imagination _ qui me fit voir des lilas balançant leurs fleurs au-dessus des murs de jardins, des papillons couleur soufre, s'enfuyant de-ci, de-là, des poussières de pollen volant dans les airs. Le vent souffla en provenance de je ne sais où, soulevant les feuilles à demi écloses, si bien qu'une sorte d'éclair gris argent traversa les airs. Nous étions entre chien et loup. C'était l'instant entre chien et loup où les couleurs s'exaspèrent , où les violets et les ors enflamment, comme les battements d'un coeur impressionnable, les carreaux des fenêtres.

          _ Virginia Woolf, Une chambre à soi, Bibliothèques 10/18.
                ( traduit de l'anglais par Clara Malraux )




                 Derrière les années folles-impétueuses de la cage,
                 des femmes hybrides se baladent au cil des scènes.
                 Maintenant le motif insufflé, leur iris commune est fixée.


samedi 5 novembre 2016

La lecture vertigineuse



                         Les amoureuses déclarent toujours le mot né d'une essence,
                           égarées volontaires,  pas déterminé, sans jamais atteindre.
                                   Elles sont mon hallucination dans le module du texte.