mardi 27 décembre 2016

La couverture




                                                            La pièce aimée rappelle
                                                            une côte franche du sud alcalin.
                                                           Tirade d'éclairs théorème de réciprocité.





jeudi 22 décembre 2016

En aile-dame



                    

                                    Vis des tempêtes,
                                     vives retombées depuis la première courbe !
                                     _ en aile-dame, l'affection s'élance.
                                     Sasse maintenant,
                                     avec son souffle sur le faîte,
                                     avec lui sur la latitude.




dimanche 11 décembre 2016

Cours de la Métamorphose de K. ( l'intérieur du dragon )





                   Avec une sorte d'entêtement, le père refusait de quitter son uniforme, même quand il était chez lui, et tandis que la robe de chambre restait inutilement pendue au portemanteau, il sommeillait tout habillé à sa place, comme s'il était à tout instant prêt à servir et à prêter l'oreille à la voix de son supérieur. L'uniforme, qui n'était donc pas de la première propreté, malgré le soin qu'en prenaient la mère et la soeur, et pendant des soirées entières, Gregor restait assis à regarder le vêtement couvert de taches, avec ses boutons dorés toujours bien astiqués, dans lequel le vieillard dormait très inconfortablement et pourtant d'un sommeil paisible.
                   _ Kafka, La Métamorphose,  Éd. de Claude David.





                   C'était un peu avant la fin comptant de l'hiver,
                   quand les masques épicéa tombent,
                   les aiguilles profilées synchrones.





samedi 26 novembre 2016

Carré d'âme à Wuthering Heights ( épistémé )



      Dans sa surexcitation extrême, elle déchira l'oreiller entre ses dents et, se redressant, le visage brûlant, elle me demanda d'ouvrir la fenêtre. C'était en plein hiver ; un vent violent soufflait du nord-est, et je m'y opposai. Alors les expressions fugitives de son visage et ses changements rapides d'humeur commencèrent à m'inquiéter terriblement ; je me souvenais de sa première maladie et des recommandations du docteur de ne pas la contrarier. Et voilà que, s'appuyant sur un coude, elle parut prendre un plaisir puéril à arracher les plumes par la déchirure de l'oreiller, et à les ranger sur le drap, selon leurs espèces.
      
      _ Emily Brontë, Wuthering Heights, Éd. G.P. Paris, traduit par Geneviève Méker.




                  Plus de voile noueux sur les pulsations,
                  au réel, cri de brume, charnel et chancelant,
                  trame de la nature éprouvée dans la lande épaisse.


              
        

lundi 21 novembre 2016

J'ai manqué perdre ma distance ( les pérégrinations )



              Tu te risques aux murs enfoncés et aux lueurs fugitives,
              reviens à contresens à toi, comme ton corps en boule sur les eaux.
              Entrant sous le duvet de mon propre souffle, je t'ai vu rouler,
              surfilant l'image à mes yeux déteints,
              revenu de coeur, retourné sur mes joues.
              Dans les châles perpétuels, des oiseaux se cachent.
              Mon sang monte en ébullition quand tu contes le rythme.
              Premier matin volubile, un envol froid passe sur nous.
              Je dévale l'heureux après, ce jour est sans fin.


vendredi 18 novembre 2016

L'un et l'autre





                       Un parcours imparfait est une étoile dormeuse
                       à longue traîne impassible tournoyant sur son lit,
                       chose sans nom toute faite de reprises cinétiques,
                       d'épreuves sensibles et calées à la pluie de fer.
                       Des songes aigus, larme-lutte sur la carte.


vendredi 11 novembre 2016

Une chambre à soi de Virginia Woolf ( Les fibres naturelles et sauvages )




                                    Mon coeur est comme un oiseau qui chante,
                                    Et dont le nid est dans la jeune branche humide,
                                   Mon coeur est comme un pommier,
                                   Dont les branches ploient sous les fruits serrés.


Les mots de Christina Rossetti étaient peut-être partiellement responsables du délire d'imagination _ car il s'agissait bien entendu que d'imagination _ qui me fit voir des lilas balançant leurs fleurs au-dessus des murs de jardins, des papillons couleur soufre, s'enfuyant de-ci, de-là, des poussières de pollen volant dans les airs. Le vent souffla en provenance de je ne sais où, soulevant les feuilles à demi écloses, si bien qu'une sorte d'éclair gris argent traversa les airs. Nous étions entre chien et loup. C'était l'instant entre chien et loup où les couleurs s'exaspèrent , où les violets et les ors enflamment, comme les battements d'un coeur impressionnable, les carreaux des fenêtres.

          _ Virginia Woolf, Une chambre à soi, Bibliothèques 10/18.
                ( traduit de l'anglais par Clara Malraux )




                 Derrière les années folles-impétueuses de la cage,
                 des femmes hybrides se baladent au cil des scènes.
                 Maintenant le motif insufflé, leur iris commune est fixée.


samedi 5 novembre 2016

La lecture vertigineuse



                         Les amoureuses déclarent toujours le mot né d'une essence,
                           égarées volontaires,  pas déterminé, sans jamais atteindre.
                                   Elles sont mon hallucination dans le module du texte.


dimanche 30 octobre 2016

Le manteau-vers de Marina Tsvetaeva ( et la blouse-soude )



                                                                     Te dirai-je à quoi j'ai réfléchi ? Aller
                                                                   Sous ce manteau _ par temps de pluie,
                                                                        Sous ce manteau _ ensuite la nuit,
                                              Toujours sous le manteau : même dans la tombe.

 
                                               1

                Être à jamais ton jeune homme blond,
                Dans tous les siècles !
                Suivre ta pourpre dans la poussière,
                En blouse sévère de disciple,

                Guetter dans l'épaisseur humaine,
                Ton souffle vivifiant,
                L'âme animée par ton soupir,
                La blouse gonflée de vent.

                Vaincre comme le roi David,
                Pousser la foule d'un coup d'épaule,
                En simple blouse te protéger
                De toute offense, de tout le mal du monde,

                Quand les disciples dorment, veiller
                Seul, sous le poids des paupières...
                Blouse faite pierre _ au premier coup
                Lancé contre toi par la plèbe...

                Il n'est pas vain, ce vers coupé,
                Trop aiguisé le glaive !
                Sourire aux lèvres, sur ton bûcher,
                Monter _ moi, le premier !


                       _ Marina Tsvetaeva, Le disciple, 15 avril 1921.
                       [ Poèmes de maturité. 1921-1941, Le métier ]




                                                                  La fente d'aisance garde l'allure,
                                            quand le plastron élimé la recouvre de sels.




vendredi 28 octobre 2016

La stature du désert



           Il est le bas-relief, mi-corps en démesure,
           le dernier chapitre cru du mythe foisonnant.
           Sa cuirasse vaut tous les objets moirés du vestige,
           patine endolorie.
           Il n'envisage jamais la condition vaine,
           les saccades des nuits rompues ont assailli l'arabesque de son outil.
           Râle, ne te trompe pas, au toucher, sur la figure de proue !
           Il n'est pas de vogue définie, inexorablement.




mercredi 26 octobre 2016

Les murmures imprévus



                                    Si j'ai mis le doigt sur quelque chose, je veux l'empoigner.




samedi 22 octobre 2016

Le vêtement sans fin vu par Roland Barthes. ( Pan de dos )



                                                    Les tenues de ville se ponctuent de blanc.


Qu'on imagine (s'il est possible) une femme couverte d'un vêtement sans fin, lui-même tissé de tout ce que dit le journal de Mode, car ce vêtement sans fin se donne à travers un texte sans fin. Ce vêtement total, il faut l'organiser, c'est-à-dire découper en lui des unités signifiantes, afin de pouvoir les comparer entre elles et reconstituer ainsi la signification générale de la Mode.
Ce vêtement sans fin a une double dimension :
D'une part, il s'approfondit le long des différents systèmes qui composent son énoncé ; d'autre part, il s'étend, comme tout discours, le long de la chaîne des mots ; il est donc fait, ici, de blocs superposés  (ce sont les systèmes ou codes), là de segments juxtaposés (ce sont les signifiants et les signifiés et leur union, c'est-à-dire les signes).

              — Roland Barthes, Système de la mode. [ Le vêtement sans fin ]



                           Les unis armurés
                           ennoblissent la nudité.



jeudi 20 octobre 2016

Au-dessus des vagues portées



                              J'ai effacé la raison de l'autre semblable
                       afin que la poésie deuxième soit sur ma bouche
                       tue, à bras-le-corps, vertige de la langue.
                             La réplique est une modestie vivace.



mercredi 19 octobre 2016

La rhétorique de la robe ( reprise à l'ouverture )



                                  Je reprends une artère tamisée,
                                je découds l'étiquette sur la côte brumeuse.
                                 Une fente bordée de biais suggère la délicatesse.
                                 Tomber gracile.
                                 Une verve du jour perçu dans la parementure.